Séminaire épistémologie #2 : Bruno Trentini

  • Recherche
Publié le 22 novembre 2023 Mis à jour le 24 novembre 2023
Date(s)

le 14 décembre 2023

17h
Lieu(x)

Campus Carlone

Salle du Conseil
Affiche
Affiche

Du corps spectatoriel comme point de départ d’une esthétique écologique.

Cette conférence entre dans le cadre du Séminaire Epistémologie organisé par le CTELA; C'est le #2 de l'année 2023-2024.

Présentation

Depuis sa fondation comme discipline philosophique au XVIIIe siècle, l’esthétique s’est ouverte à de nombreuses approches. Il existe désormais aussi bien de l’esthétique expérimentale et de la neuroesthétique que de l’esthétique queer et de l’esthétique postcoloniale. Rien que dans le champ de l’esthétique philosophique, on peut faire de l’esthétique en s’intéressant aux éventuelles « propriétés esthétiques » des objets (leur délicatesse, leur grâce, leur grossièreté, etc.) comme à l’expérience esthétique des sujets (leurs sensations, leurs sentiments, leurs émotions, leurs jugements, etc.). Ces nombreuses approches épistémiques, si tant est qu’elles participent de la même discipline, ne parviennent pas, malgré tout, à apporter une réponse ferme à la question de savoir si l’esthétique est (encore) apte à dire quelque chose sur les arts.

Partir de cette question permet d’ancrer l’épistémologie de l’esthétique dans le cadre d’une réflexion plus globale sur les arts, notamment ici les arts vivants et la littérature. C’est en remplaçant l’opposition philosophique classique « sujet / objet » par la relation écologique « être vivant / environnement » que cette intervention espère esquisser une piste possible : l’esthétique gagnerait en effet à se défaire davantage de la solennité d’une posture contemplative afin d’introduire une certaine animalité du sujet spectatoriel – certes parfois inhibée. Ainsi, au lieu de partir d’œuvres préalablement organisées en classes d’objets (par médium, style, époque, etc.) et de chercher à dire quelque chose de leur réception, il est tenté de partir de réponses spectatorielles (perte d’équilibre, relation empathique, etc.) et de chercher à proposer des œuvres particulièrement enclines à les susciter. Une telle approche épistémique, en favorisant la transdisciplinarité, permet de mettre en lumière des similarités effectives entre des œuvres qui semblaient de prime abord très différentes.

Bruno Trentini est MCF HDR à l’Université de Lorraine où il enseigne la philosophie de l’art. Ses recherches, menées au laboratoire Écritures, portent sur l’expérience esthétique en mettant l’accent aussi bien sur sa dimension incarnée, physiologique et écologique que sur la manière dont elle est issue d’une construction culturelle historiquement située. Ce travail est mené notamment à travers l’expérience de l’immersion, du sublime et de l’empathie dans l’art contemporain. Son habilitation à diriger des recherches vise notamment à repenser le sujet spectatoriel et l’expérience esthétique au regard des théories de l’évolution non nécessairement sélectionniste. Il est également directeur de publication de la revue Proteus – cahiers des théories de l’art.


Consulter le programme des séminaires épistémologie pour 2023-2024.
Contact :